« Le Requin de Dubrovnik », de Suada Tozo Waldmann

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Latifa est une jeune fille que ses camarades d'école ont affublée d'un surnom méchant. Elle cherche désespérément à comprendre pourquoi. Incapable de trouver une réponse, réticente à faire des confidences à ses parents, elle finit par se confier à son oncle Ismaël, un original, sorte de bras cassé-troubadour. Leurs discussions lui font du bien, mais ne suffisent pas à chasser ses tourments. Elle a besoin d'explications claires et cohérentes sur des sujets compliqués qui la dépassent… et pas seulement elle.

Le Requin de Dubrovnik a pour ambition de soigner les blessures des enfants qui rencontrent les mêmes difficultés que Latifa ; c’est aussi une modeste contribution à la recherche de pistes de résolution de certains malentendus entre l'Orient et l'Occident.

Écrit par la Bosnienne Suada Tozo Waldmann, publié par une Slovène d'origine, il parle d'une ville croate à la beauté époustouflante et évoque un temps où, dans l’ex-Yougoslavie, plusieurs nationalités cohabitaient.

Ce livre s’adresse à tout le monde, mais peut particulièrement intéresser les adolescents issus de couples mixtes, les parents, les enseignants, les psychologues et les éducateurs.

Extrait

11 septembre 2006, cinquième anniversaire de l’attentat contre le World Trade Center

Pendant un match de basket, alors que Latifa, assaillie de tous côtés, tentait de passer le ballon, elle l’envoya un peu trop fort en direction d’une de ses coéquipières. Il atterrit directement sur le nez de Dolorès, et le sang gicla aussitôt.
— Latifa Ben Laden ! lança Dolorès, furibonde.

 Pardon ! Pardon ! s'excusa Latifa.

Dolorès lui tourna le dos et, se tenant le nez, partit s’allonger à l’extérieur du terrain. Le match fut interrompu, le nez de Dolorès soigné. Puis on se dispersa, chacun de son côté. L’incident semblait clos, l’exclamation de Dolorès à l’adresse de Latifa oubliée.

Les jours suivants, le surnom ressurgit pour une autre broutille. Voyant à quel point cela énervait Latifa, ses camarades de classe se mirent à la traiter de « Latifa Ben Laden » pour un oui ou pour un non, mais le plus souvent… pour rien. Non, en fait, pas pour rien. Pour la faire enrager…

Latifa devint de plus en plus irritable, et ses notes devinrent de plus en plus exécrables… Peu à peu, elle se fâcha avec toutes ses copines et manqua plusieurs jours d’école. Sa vie se transforma en enfer.

Commentaires

  • Françoise NOIREAU
    Merci, Suada, de traiter le sujet du harcèlement scolaire !

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